Et si un seul enfant me suffisait ?

unseulbebeÀ peine mariée, j’avais déjà droit à des « c’est pour quand le bébé ? » À peine remise de mon accouchement, le « un deuxième bientôt ? » fuse un peu partout autour de moi, presque tous les jours. Personnellement, je trouve cette question déplacée et, parfois, oppressante. 

Pour ma part, il n’y aura pas de deuxième bientôt. Peut-être même pas de deuxième tout court. Je n’écrirai pas « jamais » parce je n’en sais strictement rien à l’heure actuelle. Sauf que l’idée de l’enfant unique dérange, je le sens. Tout le monde y va de son commentaire personnel, les avis sont unanimes : il FAUT avoir plusieurs enfants, c’est comme ça, c’est « mieux ». Certains clichés, certaines traditions et habitudes collent encore à la peau de notre société. Sauf que dans ce cas précis, il s’agit de ma vie, de mes choix et, surtout, de mon utérus. J’admire beaucoup les femmes capables de concilier carrière professionnelle et famille nombreuse, mais je ne vois plus ma vie de famille sous cet angle-là pour l’instant.

Pas parce que je suis égoïste. Pas parce que je n’aime pas les enfants. Encore moins parce que je suis carriériste …

Et si je n’étais simplement pas prête à entendre et à répondre à cette question ? Et si certaines blessures silencieuses étaient encore béantes ?

Baby-blues, baby-clash, allaitement foireux, … On en parle ? Non, n’en parlons pas. Surtout pas. C’est pas beau tout ça. Parlons plutôt premiers sourires, premières dents, premiers pas. C’est plus attrayant et ça fait plaisir à tout le monde.

Aujourd’hui, je me reconstruis encore et certains traumatismes liés à l’accouchement, certaines frustrations et interrogations sont encore bien présentes dans ma tête et dans mes tripes. Et c’est douloureux. Encore trop douloureux pour envisager de remettre le couvert.

Avant d’être maman pour de vrai, je me voyais bien à la tête d’une tribu de 3 enfants. J’envisageais mille scénari possibles et m’imaginais en train de gérer ma petite famille comme une chef, pleine de bonne volonté et de motivation. Désormais, je m’estime heureuse d’être capable d’éduquer ma fille du mieux que je peux avec tous les soins et l’amour dont elle a besoin. Un petit pas pour moi, un grand pour la maternité 😉

Je sais que cette question ne se veut en aucun cas oppressante, mais c’est ainsi que je la perçois. Peut-être que d’autres jeunes mamans la perçoivent aussi de cette façon, mais qui s’en soucie ? Ce que nous voulons bien montrer sur les réseaux sociaux ne reflètent, la plupart du temps, que les meilleurs moments de nos vies, la réalité se composent d’autres instants beaucoup moins jolis à regarder et à liker. Qui a envie d’être perçue comme une mère pleurnicheuse et peu sûre d’elle ? Personne, absolument personne.

Profiter de l’instant présent avec L. est ma priorité et l’avenir nous dira si un petit frère ou une petite soeur existera … ou pas.

 

 

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16 réflexions sur “Et si un seul enfant me suffisait ?

  1. Assumer de n’avoir qu’un enfant reste difficile dans cette société ou l’on nous fait bien comprendre que l’enfant unique c’est l’enfant pourri gâté et névrosé direct…(Bien connu qu’en dehors des enfants uniques, tout le monde va bien 😉 )
    Bref, le désir d’enfant est quelque chose d’intime et les « tu devrais » « c’est mieux » nianiania, on s’en moque!
    Il faut le faire comme on le sent, 0, 1, 2…l’idée du bonheur ne doit pas rentrer dans un moule et aucun chiffre n’a jamais donné la recette de la famille parfaite et épanouie .

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    1. C’est tout à fait ce que je crois aussi et je ne veux/peux pas me limiter à ce que la société voudrait que je sois. J’essaie de ne plus y faire gaffe, mais, à force, c’est épuisant. Merci pour ces quelques mots encourageants ❤

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  2. C’est incroyable ça !
    Quand on en veut pas, on nous harcèle, et quand on en fait un aussi !
    Ma mère s’est même entendue dire qu’elle n’était pas courageuse parce qu’elle n’avait pas lancé le troisième ! De qui se moque-t-on ?
    Les enfants uniques ne sont pas des tares et vont très bien, pourtant.
    Bon courage pour les futures remarques auxquelles tu devras faire face !

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  3. C’est grâce à la sélection hellocoton que je tombe sur ton blog et cet article tellement juste! Rien que cette semaine, on m’a demandé trois fois pour quand était le second. Mon fils a 14 mois, on a mis 3 ans avant que je tombe enceinte et ça été un vrai cauchemar pour moi avec des médecins qui me disaient qu’on aurait jamais d’enfant naturellement pour tout un tas de raisons. Maintenant, j’avoue que je ne sais pas si je souhaite remettre ça… on est tellement bien à trois. Même si je m’étais toujours vu avec deux enfants, là, tout de suite, je veux juste profiter de notre petit miracle mais les gens ne le comprennent pas et adorent juger et donner des leçons qui n’ont aucun sens 😦

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    1. Merci ❤ Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu écris. Moi aussi, pour l'instant, la seule chose dont j'ai envie c'est de profiter de ma Merveille et de ma nouvelle petite famille. Seul le temps aura peut-être une influence sur mes désirs, mais il est encore beaucoup trop tôt pour le dire. Les leçons, les avis et les jugements sont loin derrière 😉

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  4. Moi j’ai voulu un deuxième rapidement (bon après entre vouloir et le faire…mais c’est une autre question). Mais j’ai toujours trouvé cette question ‘alors le petit deuxième?’ hyper déplacée. Comme si les gens n’étaient jamais content. Ma boulangère par exemple alors que j’avais mon petit de six mois dans les bras « euh, on va peut-être attendre un peu non ». Les gens n’imaginent pas ce qu’il peut y avoir derrière : accouchement difficile, nuit sans sommeil, parcours de fiv … ou même juste pas envie après tout pourquoi devrait on se justifier. En plus moi ça me vexe toujours un peu pour l’enfant, comme s’il n’était pas suffisant à lui tout seul.
    Quand à la question du premier une fois mariée, c’est pas mieux. Je pense souvent à une connaissance à moi qui voulait vraiment des enfants et a eu un parcours de PMA complexe sans jamais y arriver. Je pense à la douleur qu’elle a du ressentir à chaque fois qu’on lui posait cette question et ça me rend triste.

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    1. C’est effectivement le côté intrusif et parfois déplacé de la question qui me dérange le plus. Les autres n’envisagent pas les difficultés parfois liées à une naissance ou le contraire comme tu l’expliques. Je crois que chacun est maître de son bonheur, de ses projets et de ses choix. Les assumer c’est une autre paire de manches évidemment, mais le jeu en vaut la chandelle 🙂

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  5. Je découvre ton billet au détour d’un puis deux blogs et il me parle énormément. Je n’aime guère cette question, même si dans mon cas elle est aussi liée à celle de « et les amours – dépêche toi si tu en veux un 2e? »
    Ma grossesse a été très éprouvante psychologiquement et les débuts de notre vie à deux chaotique. Tout comme toi je m’estime aujourd’hui heureuse d’arriver à élever mon fils sans trop de culpabilité et sans me remettre sans cesse en question. Ce n’était pas gagné d’ailleurs je suis toujours en quête d’un équilibre qui soit sain et serein pour nous deux.
    A l’heure actuelle je ne me sens pas du tout prête pour un éventuel second. Et pourtant plus jeune je me voyais moi aussi à la tête d’une famille nombreuse! Entre ce qu’on imagine et la réalité, il y a un monde qu’on ne voit qu’une fois qu’on a sauté à pieds joints dans la maternité.

    Les gens se permettent de nous juger et je trouve cela déplacé parce que bien souvent ils ne voient que l’extérieur sans savoir ce qui se passe en nous, dans notre vie de tous les jours. La société avec ses idées bien arrêtée ne cessent de culpabiliser les mamans que nous sommes. Soyons vraies et justes avec nous mêmes, pour vivre une vie épanouie et heureuse – le reste importe peu. Ce sont nos choix et les meilleurs choix pour nous.

    MERCI
    https://mariekleber.wordpress.com/

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    1. Evidemment, je me retrouve totalement dans ce que tu écris, ce que tu décris. Une amie m’a dit : « le nombre d’enfants c’est un peu comme l’appétit : parfois une seule part de gâteau suffit, d’autres ont envie de se resservir, mais c’est propre à chacun ». Le bonheur ne se résume pas au nombre d’enfants que l’on souhaite avoir. Aujourd’hui, j’assume ce choix plus facilement. L’écriture de cet article a été une libération me concernant. Bisous.

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  6. Je reviens ici après 1 an d’absence (loin de toute forme de médias… oui, la fille qui devient maman et qui fait un gros rejet de fou). J’ai lu ce matin le petit message que tu m’avais laissé sur ma page le jour où j’accouchais ! Ca me va bien évidemment droit au coeur…
    Et lorsque je lis cet article aujourd’hui, je me retrouve moi aussi en toi !
    Grossesse un peu chaotique, bouleversements dans ma tête et mon corps suite à la naissance de H. (mais je tiens à préciser… QUE du bonheur 🙂 ), tout ceci m’a sacrément freiné pour ne serait-ce que penser à un DEUXIEME (nan mais ils sont pas dingues les gens !!).
    Et… tu vas rire…
    (ou pas)
    depuis quelques jours, je me surprends à …y penser !!!!!
    Les hormones sont pourtant parties, je suis sous stérilet (genre, j’voulais être méga sûre de pas retomber en cloque haha) et badaboum, v’là qu’j’ai envie de voir H. s’amuser avec un petit frère ou une petite chipie. C’est à n’y rien comprendre, et Chéri ne voit pas les choses de la même façon. Lui, il est resté sur le « ouais, UN c’est déjà vachement BIEN ».
    Du coup, mon envie j’me la mets où hein?
    Bise et bravo pour ton article qui m’a rappelé à quel point on peut changer (en peu de temps!). Je ne sais si tu resteras sur le chiffre 1, mais ce que je sais, c’est que ce n’est pas l’essentiel ! Un enfant unique n’est pas malheureux merde ! Et encore moins un enfant gâté. Juste un enfant qui reçoit une éducation.
    😉

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    1. Ooooh P’tite Poulette, quelle bonne surprise 🙂 Je comprends parfaitement ton envie de prendre un peu de recul, moi-même je n’arrive plus à gérer ce blog comme auparavant, je ne veux en aucun cas manquer quoi que ce soit avec ma poupée, elle est ma priorité. Merci pour ces quelques mots de réconfort. Je suis ravie de te lire et de savoir que tu vas bien. Les premiers mois en tant que maman ont été aussi exaltants que fatigants et, à ce stade-ci, j’en suis encore à me dire qu’une seule petite boulette me suffira 🙂 Bisous bisous !

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