Le monde va mal, mais j’ai décidé d’aller bien quand même

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Au départ, j’avais prévu de publier un article qui concernait les indispensables du dressing, mais, en toute franchise, je n’avais pas le coeur à papoter mode ou beauté. Cela m’a semblé quelque peu futile au milieu de cette atmosphère pesante, oppressante, effrayante et triste à la fois. Pourtant, tout ceci m’a rappelé à quel point j’étais en fait une femme extrêmement chanceuse. Oui, c’est le mot: C-H-A-N-C-E-U-S-E.

Plutôt que de vous parler des indispensables à avoir dans votre garde-robe, je vous propose de faire un tour d’horizon des choses réellement indispensables au bonheur quotidien. Ces petites choses que je/que l’on prend/s pour acquises, qui ont une valeur inestimable et que je/que l’on sous-estime malgré tout :

Mes proches vont bien. Les vies brisées vendredi soir sont chacune un miroir dont le reflet pourrait être le vôtre/le mien. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser : « c’aurait pu être un ami, mon frère, mon mari, moi, … ».  Peut-être que ces questions ont également traversé votre esprit ? Ce genre d’évènement tragique fait réfléchir et remue nos tripes parce qu’il nous oblige à regarder en face notre condition de mortel sur Terre. Après ça, on regarde les nôtres d’un oeil différent. On les savoure, on les dévore, on les aime plus fort parce qu’on réalise tout à coup qu’il suffit d’être au mauvais endroit au mauvais moment pour que tout notre petit univers bascule et soit à jamais différent.

J’exerce la profession que j’ai choisie par passion et conviction, je ne travaille pas plus de 12 heures par jour dans une usine de confection de vêtements en Asie où l’on m’exploiterait, me sous-payerait, me maltraiterait. Je suis enseignante dans une école bruxelloise et j’ai la chance de travailler avec une équipe au sein de laquelle je me sens bien et comprise. Dans mes classes, l’Ukraine côtoie la Moldavie, la Syrie, le Maroc, le Brésil, la Guinée, l’Italie, l’Espagne, le Pakistan, la Roumanie, … Tout ce petit monde partage deux objectifs communs: apprendre le français et s’en sortir.  Les « migrants », les « primo-arrivants » comme on les appelle, je les côtoie depuis sept ans déjà et ce sont juste des adolescents « attachiants » comme tous les autres. Ni plus ni moins.

Je suis une femme et je vis dans un pays où ma voix compte aussi, où je suis libre d’afficher mon caractère bien trempé et où je n’ai pas peur d’exprimer mes opinions. J’ai même le droit et le devoir de le faire.

J’ai un toit au-dessus de ma tête.  Un toit sous lequel je cultive mon univers tout à mon aise, où je bâtis petit à petit ma propre famille.  Je ne crains pas la fraîcheur de l’automne et la neige de l’hiver parce j’ai mon chez-moi où il fait bon vivre.

Mon bébé va naître dans de bonnes conditions entouré des personnes qui l’aiment déjà tellement et d’une équipe médicale compétente dans un hôpital réputé que nous avons rigoureusement sélectionné.

J’ai les meilleures copines du monde. Elles sont deux mes meilleures copines.  Ces deux petits bouts de femmes exceptionnels sont fidèles au poste depuis un bon nombre d’années déjà. Toujours prêtes à rire, à consoler ou à écouter à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Des perles rares capables d’endosser plusieurs casquettes dès que cela s’avère nécessaire: psy, maman, infirmière à domicile, soeur, working-girl, décoratrice, … Des perles je vous dis.

J’ai un amoureux merveilleux qui m’écoute, me soutient, me respecte, me console, me fait rire, prend soin de moi tous les jours et, cerise sur le gâteau, qui m’aime pour ce que je suis avec mes qualités et mes -gros- défauts.

Je ne vis pas dans un pays en guerre.  Je ne dois pas chercher à quitter ma patrie en laissant derrière moi une partie de ma famille et tous mes amis. Rien ne m’oblige à sacrifier mes maigres économies à un passeur véreux qui me proposera de voyager à bord d’une embarcation de fortune qui n’atteindra peut-être jamais sa destination ; tout ceci dans l’espoir d’une vie meilleure ailleurs, dans une contrée qui me serait totalement inconnue et où, peut-être, personne ne voudrait  de moi …

Je suis en vie dans un monde qui ne tourne pas toujours rond et j’ai décidé d’aller bien quand même.

#PrayForParis

#PrayForTheWorld

Une petite citation de Jean d’Ormesson pour clore cet article :

Evidemment que tout va toujours mal, mais cela a toujours été ainsi et nous n’y pouvons pas grand chose.  Je veux bien faire partie du club des optimistes qui disent : « Soyez heureux quand ça va mal ».

Un article plus léger sera publié dans la semaine, mais j’avais envie/besoin d’écrire ces quelques lignes suite à tous les évènements malheureux qui s’enchaînent un peu partout ces derniers mois.

A bientôt.

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